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Lettre de Vincent van Gogh à Théo van Gogh
Isleworth, 10 novembre 1876

Van Gogh

Cher Théo,

Je sens qu’il faut que je t’écrive un petit mot. Tu vas passer des jours merveilleux à la maison, je t’envie presque, mon garçon.

Quel beau temps d’automne ici. Je pense que tu verras le lever du soleil le matin. Dans quelle pièce dors-tu ?

Si tu peux obtenir l’« Imitation du Christ », il faut que tu la lises ; c’est un livre splendide et très éclairant.

Il exprime si bien – car celui qui l’a écrit l’a mis en pratique lui-même – comme il est bon de livrer la Sainte Bataille pour le devoir, et la grande joie que l’on tire d’une vie charitable et d’un devoir bien accompli.

Il faut que tu lises cette lettre à Père et Mère. J’ai fait de bien belles promenades dernièrement – ça a été un tel soulagement après l’enfermement des premiers mois ici.

C’est vrai que chaque jour amène son lot de maux et de bonnes choses, aussi. Mais comme la vie doit être difficile pour celui qui n’est pas fortifié et réconforté par la Foi, surtout quand le mal augmente chaque jour en ce qui concerne les choses de ce monde. Et dans le Christ toutes choses de ce monde peuvent devenir meilleures et être pour ainsi dire sanctifiées.

C’est une belle phrase et heureux sont ceux qui la connaissent, « Rien ne me contente qui ne soit dans le Christ, et en Lui toutes choses me plaisent ». Mais on n’y parvient pas si facilement. Quoi qu’il en soit « cherchez et vous trouverez ».

La prochaine fois que Père et Mère écriront, envoie-moi un mot ou deux aussi.

Lundi soir j’espère aller à Richmond encore, et choisir pour mon texte les mots : « Mais quand il était encore bien loin, son père le vit et eut de la compassion ». Théo, ce ne serait pas de chance si je ne peux pas prêcher l’Évangile, si mon lot n’est pas de prêcher, si je n’ai pas mis tous mes espoirs et toute ma confiance en le Christ. Et bien, la misère est véritablement mon lot, ce dont j’ai besoin maintenant, c’est d’un peu de courage en dépit de tout.

J’aurais aimé t’avoir avec moi jeudi soir dernier dans la petite église à Turnham Green. J’y suis allé avec le garçon le plus âgé de l’école, et lui ai raconté certains contes d’Andersen, dont « L’Histoire d’une mère ».

Et maintenant nous approchons lentement de l’hiver, et beaucoup de gens le redoutent. Mais c’est agréable, la période de Noël, c’est comme la mousse sur les toits et comme les pins, le houx et le lierre dans la neige !

Combien j’aimerais voir Anna ; je lui écrirai encore aujourd’hui.

Aujourd’hui, une des domestique est partie ; ces femmes n’ont pas la vie facile ici, et elle ne pouvait plus le supporter ; tout le monde, riche ou pauvre, fort ou faible, a des moments dans lesquels il ne peut plus continuer, quand « toutes ces choses semblent contre nous », quand bien des choses que nous avons construites s’écroulent. Mais ne perds jamais espoir, Élie a dû prier sept fois, et David a eu des cendres sur sa tête en de nombreuses occasions.

Un nouvel assistant est arrivé à l’école, car à l’avenir je vais travailler plus à Turnham Green ; il n’a jamais quitté le foyer familial auparavant, et ça ne sera pas facile pour lui au début. Et maintenant je te donne une ferme poignée de main en pensée ; il est déjà tard, et je suis plutôt fatigué, porte-toi bien et n’oublie pas,

Ton frère bien affectueux,

Vincent


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